Je suis une montagne

par E. Bayec

Le vendredi 28 novembre, les élèves de 3e5 ont pu participer à la performance immersive Je suis une montagne créée par Eric Arnal-Burtschy à la Scène nationale Les Gémeaux, à Sceaux.

Alliant art, sciences et technologies, les projets immersifs d’Eric Arnal-Burtschy mettent tous les sens du spectateur en mouvement.
Installé sur un transat, les yeux fermés, chacun est invité à une expérience singulière de lâcher-prise. Suspendu entre ciel et terre, le spectateur ressent le souffle du vent, la chaleur du désert, la caresse d’une lumière qui l’invite à apprehender la nature et l’univers d’une autre manière.

Le concept de la sortie était qu’on s’allonge sur des transats, les yeux fermés et qu’on reçoive différentes lumières, différentes vibrations, différentes odeurs, différents sons. A chaque lumière, je m’imaginais un paysage : plage, campagne, montagne…
On percevait bien chaque vibration et je suis admiratif du travail du régisseur. Je pense que le but de cette sortie était de nous montrer comment on pouvait percevoir les choses en ayant les yeux fermés. Cela nous prépare pour la suite du projet qui sera réalisé avec des personnes malvoyantes
. Andy Parker Njandja .

C’était un spectacle muet, les yeux fermés. Des lumières et des flashs s’allumaient et s’éteignaient devant nous, nous transmettant une histoire avec de la musique, du vent, de la pluie...Malgré nos yeux fermés, la lumière traversait nos paupières. Nous étions allongés dans un transat suspendu au plafond.
Dès que le spectacle a commencé, j’ai imaginé l’histoire donnée par les lumières et la musique. J’étais dans un état second. Ce n’était pas effrayant mais un peu stressant. C’est une expérience que j’ai vraiment adoré.
Jérémie Chanas

Pendant ce spectacle, on a pu comprendre ce que vivent des aveugles. On a pu se concentrer sur nos autres sens, comme l’ouïe et l’odorat. Malgré nos paupières fermées, on peut quand-même percevoir la lumière. Cette expérience était reposante et nouvelle. J’ai trouvé que, dans le spectacle, on pouvait, par exemple, retrouver ce qui se passe sur une montagne : orage, pluie, vent…. A un moment , les lumières et le son se déplaçaient dans la salle. On aurait dit des voitures sur une route sinueuse. Paul Chouteau

Nous avons pris position dans les transats pour nous retrouver plongés dans le noir avec de la musique plutôt calme et des vagues de lumières que nous recevions malgré nos yeux fermés. Puis, plusieurs autres mouvements s’effectuaient en même temps, nous plongeant dans des univers et des espaces très différents. Personnellement, au début, j’étais allongée sur une plage avec des vagues qui passaient et me recouvraient entièrement. Puis, j’étais dans un train à compartiment et je passais de wagon en wagon. Je me suis retrouvée dans une grotte avec une petite chose brillante qui tourbillonnait autour de moi puis s’envolait et sortait du gouffre dans lequel j’étais comme prisonnière. Ensuite, tout a explosé pour laisser mon regard se perdre dans un univers sans queue, ni tête mais d’une beauté géométrique impressionnante. Je voyais des figures symétriques extrêmement complexes se mouvoir lentement devant mes yeux.
J’ai bien aimé cette expérience pour cette part d’imagination qu’elle m’a fait ressentir instantanément
. Zoé Pin-Moretton.

C’était un spectacle très particulier car on était allongé dans des transats sur scène et on devait fermer les yeux toute la durée de la représentation. Durant une heure, on a vu un spectacle sans le voir. Par l’ouïe, il y avait de la musique et des bruits d’éclair. Jamais il n’ y a eu de silence complet. Par l’odorat, j’ai senti l’odeur des carottes pas cuites et du shampoing qu’on trouve chez le coiffeur. Par le toucher, il a plu sur scène et quand-même par la vue, à travers les paupières. On a perdu nos repères et on a vu de nombreuses choses malgré nos yeux fermés.
J’ai vu des journées défiler devant moi, une tempête et un réchauffement. J’ai vu défiler une année avec toutes ses saisons. A la fin, il y avait des effets stroboscopiques. En se détendant complètement, on pouvait voir des images abstraites magnifiques.
Je pense que le metteur en scène cherche à montrer ce qu’on peut voir sans voir, de prendre conscience des autres sens qu’on oublie parfois au bénéfice de la vue.
J’ai trouvé cette expérience très étrange. C’était à quelques moments très longs mais en fin de compte, c’était plutôt bien. J’avais l’impression d’être dans une expérience scientifique où on teste nos aptitudes à voir les choses les yeux fermés.
Alma Lambrechts